Tabac, tabagisme : parler

à l'enfant de 11 ans

 

Pourquoi et comment
parler du tabagisme à l'âge de 11 ans

Révision : 20.07.2010    Translate

 

Quatre points essentiels :

• S’exprimer d’abord en termes positifs.
• L’enfant de 11 ans, mieux que l’adolescent, s’intéresse aux dangers du tabac.
• Le haschisch accroche au tabac.
• “Le plus facile, c’est de ne pas commencer”.

 
 

Sommaire de cette Page

Tabac, prévention : quand et comment ?
Tabac, prévention : pourquoi ?
Tabac, prévention ; les tentations

 

• Tabac, prévention : quand et comment ?

Avant 11 ans, c’est trop tôt, le sujet ne l'intéresse que rarement.
À partir de 12 ans, c’est souvent trop tard car le jeune tendra à croire le contraire de ce que lui diront ses parents.

Inutile d’en parler si les parents sont fumeurs : ce serait se contredire… Les parents fumeurs doivent savoir qu'il arrive à des enfants de manger des mégots, ce qui peut les tuer (Kuperminc).

S’exprimer en termes positifs avant de parler des désastres qui attendent les fumeurs, c’est mettre en avant le sport, la liberté et le plaisir.
Les sports de santé sont tous des plaisirs pourvu que l’on ait du souffle. Le fumeur devient poussif très vite.
La liberté
, c’est ne pas être accroché comme ces fumeurs qui ne peuvent plus s’en passer. Tout enfant a observé, sur les trottoirs, des tas de mégots en face de lieux publics ou d'immeubles de bureaux : les cigarettes ont été fumées par ceux qui ne peuvent pas passer une demi-journée sans en rallumer, même sous les intempéries.
Le haschisch accroche au tabac qui lui est joint.
Le plaisir n’est que rarement au rendez-vous de la première cigarette. Ensuite, c’est vrai que bien des gens ont du plaisir à fumer, mais ça ne dure pas.
Une fois accrochés, la plupart ne fument plus pour "se sentir bien", mais pour se sentir moins mal. Ce n'est pas pareil.

 

• Tabac, prévention : pourquoi ?

Un tiers des fumeurs n'arrivent plus à s'en passer : ils sont accrochés. Dès qu'ils se réveillent le matin, ils sont en état de manque, état ponctué par des envies folles d'en rallumer une. Leur liberté est détériorée.

Un grand fumeur sur deux meurt du fait de son tabac, et les femmes sont en train de rattraper les hommes à ce sujet.
Les désastres qui attendent les fumeurs
, quel que soit le tabac qu'ils fument, sont facilement compris et retenus par les enfants de 11 ans. Ce sont :
- des maladies très graves : bronchite chronique, cancers, infarctus, anévrisme de l'aorte abdominale (Baud).
- d’autres maladies dangereuses, provoquées ou aggravées par le tabac : artères bouchées, diabète, récidives d'ulcères du duodénum.
- les risques pour les foetus et pour les enfants des fumeuses (voir plus loin).
- les incendies, y compris dans les forêts, par les mégots lancés des véhicules.
- devenir accroché aussi à l'alcool et aux jeux de hasard, offerts dans les bars-tabacs (dont le poids électoral est à considérer).
- mélanger tabac et haschisch, devenir client d'un trafiquant.

• Des maladies très graves : bronchite chronique, cancers, infarctus

Le fumeur n’inhale pas seulement de la nicotine et de l’oxyde de carbone. il s’expose à de nombreux autres toxiques, tels que l’ammoniac, l’oxyde nitreux, le formol, l’acide formique, le benzopyrène (le plus cancérogène), le phénol, l’acétaldéhyde, l’acétonitrile, l’acroléine, le chlorure de méthyle, la pyridine et même le cyanure. La plupart de ces toxiques s’accumulent dans les goudrons qui s’installent depuis la gorge jusqu’aux bronches.

La bronchite chronique, due aux goudrons contenus dans la fumée, atteint deux millions de fumeurs. Elle commence par l’essoufflement au sport et dans les escaliers, et par la toux matinale : “Je sers de réveille-matin à tout l’immeuble !” Après des années ou des dizaines d’années, si le fumeur n’est pas mort d’autre chose, l’essoufflement tourne à des mois d’étouffement et le fumeur termine sa vie contre l’obus d’oxygène. Des dizaines de milliers de fumeurs sont actuellement dans ce cas et 10 000 en meurent chaque année. Le coût des soins est énorme, pour deux raisons. Les opérations chirurgicales faites sous anesthésie générale sont suivies par des aggravations durables de la bronchite chronique et la dernière année de la vie exige des soins très onéreux.

Les cancers du tabagisme guérissent à peine une fois sur deux : malgré la chirurgie, les rayons et les chimiothérapies, leurs rechutes sont fréquentes et la mort est souvent précédée par une longue période de douleurs.
Le cancer que le tabagisme détermine à lui seul est le cancer du poumon : il provient du goudron sur les bronches et il envahit le poumon. Il est rarissime chez les non-fumeurs. Chez les fumeurs et les fumeuses à partir d’une vingtaine de cigarettes par jour, il devient fréquent dès l’âge de 40 ans. De tous les cancers, c’est un des plus fréquents, avec 25 000 décès par an, alors qu’il ne devrait pour ainsi dire pas exister.
On manque de symptômes susceptibles d’alerter en temps utile.

Les autres cancers du tabagisme, très fréquents et graves eux aussi, sont dus à l’irritation simultanée par les goudrons du tabac et par l’alcool.
Ce sont les cancers de la gorge (sur les cordes vocales), de l’oesophage, du haut de l’estomac et de la langue.

L’infarctus du myocarde est une des premières causes de mort en France.
Il provient de ce qu’une des artères coronaires, qui irriguent le coeur, est bouchée par du cholestérol, ce qui fait mourir un morceau musculaire du coeur. Le cholestérol s’est mis là sous l’effet de la nicotine.
L'infarctus s'exprime par une douleur souvent terrible et par un étouffement. L’immense majorité des infarctus qui surviennent avant soixante-dix ans (et souvent dès quarante ans) chez les hommes comme chez les femmes sont dus au tabac.

• Les autres maladies provoquées ou aggravées par le tabagisme.

L’artériopathie des membres inférieurs provient de ce que les artères qui irriguent les jambes sont bouchées par du cholestérol. Elle commence par des crampes à la marche et elle peut se conclure par l’amputation d'une jambe, ou des deux.
Les artères destinées au cerveau peuvent être bouchées par le cholestérol au point d'entraîner une hémiplégie durable.

Le diabète est une des maladies les plus fréquentes et le tabagisme aggrave beaucoup ses principales complications : artères bouchées (voir ci-dessus), cécité, défaillances masculines.

L’ulcère du duodénum (à la sortie de l’estomac) est extrêmement fréquent. Ce qui le rend dangereux, ce sont ses récidives. Presque tous les ulcéreux qui fument récidivent. Personne n’aime vomir le sang.

Les os des personnes âgées se décalcifient davantage sous l'effet du tabac. Une fumeuse âgée multiplie par deux le risque fréquent et dangereux de fracture du col du fémur.

• Les risques pour les foetus et les enfants des fumeuses.
La femme enceinte qui fume a un risque accru de fausse-couche. Elle doit aussi s’attendre à ce que l’enfant naisse avec un poids insuffisant, à cause de l’effet du tabac sur les artères du placenta.
Les nourrissons exposés aux fumées de tabac ont un risque accru de mort subite, d’asthme, de bronchites et d’otites.

• Les risques pour les proches, au travail et à la maison
Celui qui respire la fumée d’un autre (c’est le “tabagisme passif”, qui atteint des sommets dans les discothèques) partage avec lui le risque de bronchite et de cancer du poumon, quoiqu’à un moindre degré.

• Les incendies.
La plupart des incendies proviennent des fumeurs : par leurs allumettes (entre leurs mains ou entre celles de leurs enfants) ou par leurs mégots, quand ils s’endorment après avoir trop bu ou après s’être drogués.

Attention à une nouvelle mode, celle du tabac en pâte à chiquer.
Cette mode nous arrive de Scandinavie et des milieux du ski. Avec un piston, on s'introduit des doses de pâte entre les dents et la joue. On fait miroiter que ça stimule la pensée, que c'est bon marché, que ça ne coupe pas le souffle : certains skieurs y voient un dopant qui n'est pas interdit pour le moment. On ajoute que ça n'incommode pas l'entourage et que ça ne donne pas le cancer.
Malheureuxement, cela laisse subsister le plus grand danger du tabac, qui est l'infarctus du myocarde, puisqu'il est dû à la nicotine.
En outre, le tabac à chiquer accroche rapidement à la nicotine. Trois mois suffisent pour qu'on ne puisse plus s'en passer et il est alors fréquent qu'on se mette à fumer en plus.

Redisons-le, être accroché à la fois au haschisch et au tabac guette les collégiens.
  Réfléchir au coût des deux et aux dangers du cannabis :
  Cannabis, autres drogues, parler en famille

En conclusion, la pollution contre laquelle chacun crie, c’est la pollution par les autres. La pollution par soi-même fait bien plus de dégâts.

 

• Tabac, prévention ; les tentations

Une fois motivé, l’enfant de 11 ans a lieu de savoir d’avance comment viendront les tentations et comment préparer sa première cigarette.

Les tentations viendront par les copains et copines. Chez une jolie fille, le geste de fumer est gracieux. Il donne une contenance. Rappelons que Louis Jouvet disait à ses acteurs embarrassés : « Laissez vos mains au bout de vos bras. C’est encore là qu’elles sont le mieux ! »
Quand tout un groupe fume, celui qui refuse une cigarette va se sentir exclu, sauf s’il est capable de répondre dans un sourire, la tête haute : « Non merci, ça m’ennuierait pour mon sport ! » ou « Non merci, je préfère me shooter aux jus de fruits ! » ou « Je ne me trouve déjà pas beau mais, en fumant, ce serait pire ! »
La mode du narghilé, ou pipe à eau, oblige à inhaler la fumée jusqu'au fond des poumons. C'est irritant pour les bronches et cela accroche davantage à la nicotine.

Les tentations peuvent venir aussi de l'intérieur, comme pour les drogues et l'alcool : d'une tendance à la dépression, à l'excès d'anxiété, à la timidité, à l'ennui ; d'une impulsivité, d'une intolérance aux frustrations, d'un goût excessif pour les sensations fortes.

La première cigarette mérite que les parents en parlent à l’enfant dès l'âge de 11 ans.
Par exemple : « Pour ta première cigarette, ce sera à toi de décider, et pas à moi de décider à ta place. Moi-même, j’ai choisi de ne pas fumer tous les jours, mais ça m’arrive de temps en temps. Je suis prêt à t’offrir une cigarette et à en fumer une avec toi le jour où tu me la demanderas, pourvu que ce ne soit pas avant tes douze ans, et si possible que ce soit en plein air. »

Pourquoi les douze ans ? C’est l’âge où les collégiens s’entraînent mutuellement à fumer. Si la première cigarette n’est pas fumée en famille, elle le sera en cachette, peut-être sous forme de joint, et on sera sorti d’une relation de confiance.

Toutefois, le choix de ne jamais fumer est préférable si l’enfant est asthmatique, diabétique, sujet à la dépression, si l’un de ses parents est alcoolo-dépendant ; et naturellement si c'est le choix spontané de l'enfant.
"Le plus facile, c'est de ne pas commencer" a conclu un enfant.

RÉFÉRENCES

Les références figurent dans la page  Tabagisme : parler en famille au fumeur adulte

 

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Relire ci-dessus :

Tabac, prévention : quand et comment ?
Tabac, prévention : pourquoi ?
Tabac, prévention ; les tentations

 

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