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Tabac, cesser : l'entraide en famille
Revenons au cas le plus fréquent,
celui du fumeur motivé mais modérément
dépendant, qui pourra probablement sarrêter
par lui-même.
La première chose à faire en famille est que
les personnes en qui le fumeur a confiance se concertent,
forment une sorte de micro-réseau pour que chacun dise
la même chose
et cessent elles-mêmes de
fumer.
Diminuer,
ne pas y compter !
Au fond, le fumeur le sait, parce quil a déjà
essayé en vain de diminuer, mais il garde cet espoir.
Quil essaye une dernière fois de diminuer si
ça lui chante
La dépendance, cest
lincapacité de rester modéré
et non lincapacité de sarrêter.
Cette incapacité est définitive. Cest
vrai du tabac comme de lalcool et des drogues.
Ce qui est tout aussi définitif, cest la disparition
du plaisir à fumer. Si cest le cas, ne
pas espérer le retrouver jamais. Répétons-le,
ce qu'il continue à appeler "plaisir",
n'est-ce pas plutôt : se sentir moins mal, ce
qui est bien différent ?
L'objectif de l'entraide en
famille est donc l'arrêt total et définitif.
C'est seulement en cas d'échec que l'addictologue,
et lui seul, pourra en venir à conduire un arrêt
par étapes.
Quel moment
choisir pour sarrêter ? Ce peut être
nimporte quand : dès linstant où
le fumeur décidera que cest idiot de continuer,
il ne finira pas le ou les paquets qui sont en train. À
la poubelle, tout son tabac et ses briquets ! Ou à
la rigueur quil les fasse distribuer aux malheureux
qui nont pas encore décidé de sarrêter
ou aux heureux qui sont restés capables de modération (ce
qui nefface pas tout risque) ! Vouloir finir
les paquets en train avant de sarrêter, ce serait
contredire sa propre décision.
Certains fumeurs remettent
l'arrêt à une date supposée magique :
le prochain week-end, un anniversaire ou autre fête,
les vacances qui éloignent des autres fumeurs, une
grossesse ou une naissance, le jour où leur premier
enfant aura onze ans, une intervention chirurgicale programmée.
Dès quune date sera fixée, le dire à
tout le monde : ce sera plus difficile de changer didée.
Toutefois, retarder la date, cest augmenter le risque
de rechuter un peu plus tard. Dès la date fixée,
ne pas attendre pour se remettre à la marche à
pied, au moins 30 minutes trois fois par semaine.
Lui "remonter
le moral", autrement dit le
soutien psychologique est à la portée
des familles :
- revenir sur les motifs de libération qui
ont le plus impressionné le fumeur ;
- quand il répète que la cigarette le détend
ou lui est nécessaire pour se concentrer ou
prendre une décision, est-ce la pure vérité ?
Sil est énervé ou incapable de concentration
et de décision, nest-ce pas dû à
létat de manque à sa drogue, la nicotine,
état de manque qui reviendra de plus belle après
avoir fumé ? Cercle vicieux !
- Repérer avec lui les circonstances
qui lénervent pour quil réfléchisse
à la meilleurs manière dy faire face.
Dédramatiser les contrariétés et les
échecs. Ses succès renforceront lestime
quil a de lui-même.
- Repérer aussi dans quelles circonstances
il risque dêtre tenté
den rallumer une, par exemple : la solitude,
la convivialité au café ou en réunion,
le besoin de détente, les tâches urgentes,
en sortant du travail ou dune représentation.
Comment évitera-t-il ces circonstances ?
Que répondra-t-il joyeusement quand on
lui en offrira une ?
Les réponses proposées ci-dessus
dans
Tabagisme : parler
à l'enfant de 11 ans sont-elles à
son goût ?
En imaginera-t-il dautres, comme :
« Je mexcuse, je narrive à
rien faire comme tout le monde. »
- éviter quil se prive de relations
s'il séloigne de ses amis et collègues
de bureau qui fument. Cultiver dautres relations.
Plus sa vie de relation le comblera, moins il éprouvera
l'idée de se "récompenser" par des
cigarettes
- pratiquer ensemble des activités physiques
en progressant à mesure que lessoufflement
sestompe ;
- Faire face aux tentations
et aux envies folles en sachant que ces envies ne durent
que quelques minutes. Une diversion simpose
durgence et il na que lembarras du choix :
- se mettre sous la langue un comprimé à la
nicotine, qui agit très vite ;
- se masser les épaules et le cou, faire une série
détirements musculaires suivis dune relaxation ;
- se passer une serviette
humide chaude ou froide dans le cou ; prendre une douche,
se brosser longuement les dents, boire frais abondamment,
mais éviter le café ou le thé qui aggraveraient
lénervement ;
- allumer une bougie plutôt quune cigarette ;
- rester actif en prenant de grandes respirations : passer
laspirateur, laver son véhicule, marcher,
bricoler, broder, taper sur son clavier dordinateur,
tripoter un crayon au lieu dune cigarette ; passer
un coup de téléphone
sans fumer ;
- éviter les grignotages.
- Se fixer des objectifs réalistes
et sy tenir.
- Calculer ce que coûteraient vingt années
de la consommation actuelle de tabac et imaginer quelle
amélioration du logement familial résulterait
de cette économie.
- parler à lavance des rechutes
du tabagisme, sachant
quil faut s'y attendre dans beaucoup de cas.
La tentation est accrue en présence dun
entourage fumeur, d'un repas en compagnie de fumeurs, en
cas de prise de poids indésirée, de contrariétés
ou conflits, de dépression, de recours à lalcool
ou au haschisch. Du simple écart à la rechute
vraie, la pente est savonneuse.
La rechute du tabagisme est bien moins éprouvante
que la rechute en dépendance alcoolique. Cest
dire quelle risque de durer.
Ne pas accabler le rechutant de reproches, nen faire
ni une bagatelle, ni un drame.
« Tout arrêt du tabac, même transitoire,
rapproche du succès final. » répète
le tabacologue Gilbert Lagrue. Déborder d'amabilité
pour remotiver.
Tenir compte d'un accès dépressif ou anxieux,
d'une période difficile, des offres de tabac par
les amis et autres tentations.
La famille et le fumeur trouveront
encore un appui désintéressé en appelant
Tabac Info Service : 0 825 309 310 , tous les
jours de 9 à 18 h.
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