Les responsables d'un établissement
d'enseignement qui voudront évaluer
leur postvention ne répondront pas à toutes
les questions. Par exemple, démontrer que la postvention
prévient des suicides dépasse leurs possibilités.
Une grille d'évaluation leur est proposée
ci-dessous.
Évaluer
la postvention au lycée
Lefficacité dune postvention
après un suicide ou après un autre décès
de lycéen sévalue surtout à
moyen terme. Trois grilles sont proposées ci-dessous :
lévaluation à long terme, lenquête
de satisfaction dans limmédiat, enfin lévaluation
du processus, cest-à-dire la vérification
des actions initiées dès la rumeur du décès.
1, Lévaluation
à moyen terme
Elle se situera plusieurs mois après le décès,
selon ce quimposera le calendrier scolaire.
Elle interrogera séparément les élèves
et les personnels concernés sur leur vécu
personnel et sur la vie collective.
À la suite
du décès dun élève,
des interventions ont eu lieu dans létablissement.
Est-ce que jattribue à ces interventions
de bons effets pour moi-même et pour la vie collective ?
Pour moi-même ?
- Jai moins de difficulté
à parler de ce deuil : à mes proches
ou à un professionnel.
- Je me pose moins de questions sur le pourquoi de cette
mort.
- Lidée de mourir à mon tour ne me
revient plus.
- Lavenir me fait moins peur.
- Jai retrouvé un sens à ma vie.
- Je vis davantage en confiance.
- Jessaye quil fasse bon vivre autour de moi.
Pour la vie collective ?
- Il y a moins dagressivité.
- Il y a davantage de projets collectifs.
- Il fait bon vivre dans ce lycée.
2, Ai-je été
satisfait de ce qui a été proposé
dans limmédiat ?
- Les personnes qui sont
intervenues ont-elles répondu à mes questions ?
- Nous avons été invités à
réfléchir en groupes. Combien délèves
aurais-je souhaité que contienne chaque groupe ?
- Ces interventions mont-elles mis plus à
laise pour en parler :
à mes parents ?
à un autre adulte ?
à un professionnel ?
3, Lévaluation
du processus
-Sétait-on
préparé à lavance ?
Les ressources disponibles hors de létablissement
avaient-elles été identifiées ?
Un comité de préparation sétait-il
réuni ?
Avait-il constitué un comité de crise, ayant
un porte-parole ?
Des lettres aux personnels et aux parents délèves
avaient-elles été préparées ?
- A-t-on réagi sans délai ?
A-t-on vérifié si le décès
a été classé comme mort naturelle ?
Une visite immédiate à la famille a-t-elle
abouti à un accord sur ce qui serait dit ?
La famille a-t-elle été incitée à
mettre à lécart tout ce qui pourrait
servir à s'enlever la vie ?
Les lettres aux personnels et aux parents délèves
ont-elles été signées et distribuées
aussitôt ?
Quelle première information a été
donnée aux personnels et aux élèves ?
Les élèves et les personnels les plus vulnérables
ont-ils été dépistés et rencontrés
individuellement ?
Des groupes de dimension modérée, excluant
la hiérarchie et les perturbateurs, ont-ils été
convoqués ?
Ces groupes ont-ils été assurés de
la confidentialité et de la liberté de sexprimer
sans sexposer à la moindre critique ?
Un observateur muet assistait-il lanimateur ?
Le suicide a-t-il été envisagé comme
une supposition et non comme une certitude ?
Les participants se sont-ils suffisamment exprimés ?
Les élèves ont-ils été mis
en garde au sujet des questions des journalistes et des
réponses de lInternet ?
Le groupe a-t-il délibéré :
comment manifester sa sympathie à la famille, comment
préparer les obsèques, que faire de la place
de lélève dans la classe ?
A-t-on évité quun camarade du défunt
rentre le soir dans une maison vide ?
Des contacts ont-ils été pris aussitôt
avec les établissements où étudient
les frères et surs du défunt ?
Pour les élèves dautres classes, des
groupes de réflexion ont-ils été
proposés sur les raisons de vivre ?
- Après lintervention
en crise, comment la postvention sest-elle inscrite
dans la durée ?
Dans létablissement, quelles mesures ont
été prises pour quil y fasse bon vivre ?