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Suicide :
les 'indices permanents du risque", ou prédicteurs"
(plutôt que "facteurs" du risque).
Ils sont mieux repérés en principe
par un professionnel
Un passé de
tentative de suicide ;
Des troubles mentaux ;
Une dépendance à l'alcool ou à
des drogues ;
Des traits de caractère ;
Une ambiance, un contexte ;
Un événement ressenti comme une perte.
"En principe" a-t-il
été indiqué ci-dessus. En pratique, le
professionnel a beaucoup de mal à évaluer correctement
le risque, même chez les personnes signalées
comme ayant déjà fait une tentative de suicide
(Beautrais 2004).
Un passé de tentative de suicide
Un jeune sur dix a déjà
fait une tentative de suicide, mais il est fréquent
qu'il n'en dise rien.
Comme c'est le principal prédicteur d'un suicide (Cedereke),
redisons ici qu'il faut saisir l'occasion, quand le jeune
exprime une souffrance, pour ne pas hésiter à
lui demander : « Peut-être as-tu déjà
songé à en finir avec la vie ? »
Ses parents, s'ils en sont informés, croient souvent
le protéger en cachant cet acte.
Au contraire, ce jeune a besoin d'être longuement suivi
par un professionnel, au-delà de son court séjour
hospitalier. Celui-ci va évaluer le risque (Cooper).
Ce risque est d'autant plus grand que les idées suicidaires
varient davantage (Witte).
Des troubles mentaux
La dépression
est la plus fréquente des maladies mentales. Quand
la dépression est d'origine "maniaco-dépressive",
elle est héréditaire. Il y a donc un risque
héréditaire du suicide, démontré
notamment chez les jumeaux. Il s'agit d'une vulnérabilité
mais non d'une fatalité.
Plus haut, la survenue d'une dépression a été
mentionnée parmi les signaux avertisseurs.
Ajoutons que la dépression s'installe souvent de façon
si progressive qu'elle n'est guère remarquée,
spécialement chez les enfants et chez les personnes
âgées.
Il est banal que le déprimé refuse toute aide.
Il faut de la patience pour répéter qu'il y
a peut-être une part maladive dans son état et
que quantité de gens ayant des troubles similaires
sont à présent rétablis.
Cela, à condition d'avoir bénéficié
d'abord d'un diagnostic, puis éventuellement
d'un traitement. Le traitement médicamenteux est à
lui seul insuffisant, de même que les psychothérapies
usuelles. Les groupes de parole pour adolescents et les thérapies
comportementales récentes paraissent recommandables
(Barbe 2004 ; Jeammet)
Si j'ai connaissance d'autres
troubles mentaux (schizophrénie surtout),
d'un passé d'anorexie mentale (Latzer), de boulimie
(Nickel), d'hyperactivité avec déficit de
l'attention,
ou d'une épilepsie,
d'un coma après un choc sur la tête dans le
passé du sujet,
d'une consommation d'un médicament contenant du millepertuis
(Nanayakkara),
n'importe quel chagrin peut prendre des proportions dangereuses.
En-deçà de la
dépression, la mésestime de soi et de sa propre
efficacité, l'abandon des études, l'incapacité
à résoudre les problèmes interpersonnels
sont chemins de suicide (Dieserud).
Une dépendance à l'alcool ou à des drogues
Avant le stade de dépendance,
bien des adolescents ont l'habitude de s'enivrer. S'ils ont
le vin triste, une simple ivresse risque de s'achever
en suicide. La majorité des personnes hospitalisées
pour tentative de suicide étaient en état d'intoxication
alcoolique (Wetterling).
La moitié des sujets atteints de dépendance
alcoolique ont moins de 32 ans : le désespoir qui
découle de cette dépendance (Flensborg-Madsen)
ou d'une autre toxicomanie (Wines) est cause de nombreux
suicides. Les idées suicidaires ne s'expriment pas
parce que l'alcoolique est inconscient du carctèr emaladif
de son état : c'est l'alexithymie (Sakuraba).
Les tentatives de suicide
sont plus fréquentes chez les fumeurs de tabac (Iwasaki)
et de cannabis (Norlev), ce qui renvoie probablement aux
causes de ces habitudes. En outre, les dettes aux
trafiquants de drogues acculent au suicide plus d'un client.
L'addiction aux jeux de hasard dénote, elle aussi,
un risque suicidaire (Ledgerwood), notamment à cause
des dettes de jeu.
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