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Sport : de dérapages

en tête-à-queue

 

L'envers des Jeux olympiques : 

blessures, abandons de tout sport,
toxicomanies, vies abrégées

Révision : 18.07.2010    Translate

 

Sept points essentiels :

• Les gains en performances se paient de plus en plus cher.
• L’athlète qui abandonne la compétition abandonne d’habitude tous les sports.
• Dérapage ? Tête-à-queue ?
• Son espérance de vie est très amoindrie.
• Il reste souvent estropié.
• Sorti d’une drogue sans drogue, il devient souvent toxicomane pour de bon.
• Qui n’a pas sa part de responsabilité ?

 
 

Lors de voyages chez des peuples réputés sportifs, les femmes m'ont dit qu'à 30 ans leurs hommes s'assoient devant la télévision, et que c'est fini !
Pourquoi l'abandon? Ils se sont fait mal pour avoir dérapé dans l'escalade.
Pourquoi l'escalade ? Rêver d'exploit, rechercher des sensations fortes et cultiver le risque pour lui-même sont des traits répandus. "Que le meilleur gagne" est ambigu. "On a gagné… On est les meilleurs." Est-ce une supériorité en tous domaines, acquise définitivement aux vainqueurx et même à tous leurs supporteurs ?
Cette escalade dérape en dommages physiques et psychiques qui seront moins négligés si l'on met en lumière l'envers des Jeux olympiques. .

Sommaire de cette Page

• Dérapages physiques des athlètes
• Dérapages psychiques des athlètes
• L'envers de Jeux olympiques
• Responsabilités ?
• Suggestions pour le public

• Suggestions pour le Ministère de la santé, de la Jeunesse et des Sports

 

Dérapages physiques des athlètes

Les activités sportives et de loisirs sont la première cause d'accidents chez les jeunes de moins de 26 ans. Les sports de pleine nature exposent malheureusement à la difficulté d'avertir et d'acheminer les secours.

Lisons les journaux de "médecine du sport" : ils sont une litanie de lésions. Le grand public, lui, oublie vite les lésions de ses idoles des stades.
L'espérance de vie
moyenne d'un footballeur professionnel américain se limite à 53 ans et celle d'un coureur cycliste européen à 60 ans.

Le risque d'accidents mortels est important dans les "sports" motorisés ainsi que dans le deltaplane, le parapente, le saut à l'élastique, la plongée sous-marine, le plongeon, la spéléologie, le canoë-kayak, la boxe et autres arts martiaux, le ski, l'alpinisme (surtout sans guide), l'équitation, la voile, le surf, le rugby, la perche et même la gymnastique à la poutre. Dès l'Antiquité, mentionner qu'il arrive aux athlètes de s'effondrer était une banalité.

Les morts subites sont fréquentes dans les sports de compétition, surtout dans ceux qui exigent de violents efforts discontinus.

Les estropiés sont bien plus nombreux que les morts. La colonne vertébrale est souvent mise à mal lors du parachutisme, du moto-cross, du plongeon, du judo (et autres sports de combat), du deltaplane, du ski nautique, de l'haltérophilie, de la planche à voile, du patinage artistique, de l'équitation, du tennis et même de la natation en compétition. L'atteinte de la colonne cervicale (vertèbres du cou), dans plusieurs de ces sports et dans le rugby, peut laisser un tétraplégie, c'est-à-dire une paralysie définitive des quatre membres.
La boxe, le rugby, le football, le ski, le hockey sur glace multiplient les blessures, lors des compétitions comme lors des entraînements : crampes, déchirures musculaires, entorses, ruptures de ligaments, tendinites, bursites, périostites, fractures.
Les tendinites et claquages musculaires des joueurs de tennis sont aggravés par leur rage de ne pas respecter le délai de cicatrisation.

Les enfants et adolescents surentraînés souffrent dans leurs articulations (ostéochondrites), leurs insertions de tendons, leurs cartilages de croissance et leurs derniers disques intervertébraux.
Un tassement vertébral douloureux contre-indique toute activité sportive.
Les jeunes adeptes de la danse classique et de la gymnastique veulent souvent rester trop minces, et s'alimentent insuffisamment. Au risque de blessures s'ajoute alors ceux du retard de puberté, puis de la disparition des règles ; et de l'ostéoporose.

Même en l'absence de blessure et de dopage, il y a des limites aux records.
On peut faire grossir les muscles presque à volonté, mais on ne sait pas faire grossir les ligaments, les tendons ni les os. Les gains en performances se paient de plus en plus cher pour les êtres exceptionnels qui réussissent.

Tous finissent par abandonner la compétition. Ils sont alors perdus même pour les sports de santé et de plaisir, non sans dommages pour leur santé physique et psychique.

 

Dérapages psychiques des athlètes

Le surentraînement sportif des enfants altère l'appétit, le sommeil, le caractère et les résultats scolaires.

On croyait qu'un bienfait psychique des sports de compétition était de "canaliser la violence".
C'est le contraire que viennent de découvrir M. Choquet et Ph. Arvers chez les sportifs de haute compétition âgés de 14 à 16 ans. Ces sportifs ont été jugés responsables de conduites violentes plus fréquemment que les sportifs de moindre niveau : bagarres pour 50% d'entre eux, vols pour 35% et délits graves tels que rackets et incendies pour 29%.
Cela ne signifie pas que l'activité sportive de compétition soit cause de ces violences, mais qu'elle est un indicateur du risque (l'appartenance à une famille socialement défavorisée en est un autre indicateur), et que les sportifs en sont les premières victimes.

On a coutume d'être indulgent pour les "toxicos du sport", en se disant que cela vaut mieux qu'une dépendance à une drogue.
Les critères usuels des dépendances (addictions) s'appliquent en effet à eux (Mangon et Auriacombe) :
L'état de manque consiste ici à ne pas se sentir bien, à se sentir impatient d'activité physique, comme l'a observé sur lui-même un ami psychiatre marathonien.
Des activités scolaires, professionnelles ou sociales sont délaissées tandis que trop de temps est consacré à la compétition et à ses préparatifs : « J'ai du mal à me limiter… Je ne vois rien qui pourrait remplacer ça… C'est mon seul but dans la vie… Je ne pense qu'à ça »
La pratique est poursuivie malgré ses méfaits, comme : aggravation de blessures, dépressions, troubles du comportement alimentaire, altercations au sein des couples, poursuites judiciaires pour dopage.
La première étape de la dépendance est la "tolérance" : escalade des activités en vue d'obtenir le même niveau de satisfaction.
Le plaisir disparaît chez les drogués et les alcoolo-dépendants. Ceux-ci ne consomment plus pour se sentir bien, mais pour se sentir moins mal, tandis que les toxicos du sport n'éprouvent pas cette perte du plaisir. Pour le reste, ils ont un comportement de toxicos.
De même, dans une salle de musculation parisienne, chez 42% de 300 clients. Ils étaient en outre plus enclins aux achats compulsifs et aux accès de boulimie. Ils passaient davantage de temps sur leurs ordinateurs. (Lejoyeux).

Ainsi, le sport de compétition est devenu, pour certains, une "drogue sans drogue". On peut envisager le rôle d'une prédisposition personnelle comme celui d'un comportement moutonnier consécutif aux conversations et comportements dans les milieux de la compétition, y compris ceux de l'alpinisme et du deltaplane.

Pire, les toxicomanies vraies sont plus fréquentes chez les adolescents de 16 à 18 ans quand leur pratique sportive atteint le "haut niveau" (Arvers et Choquet, Urbach et Auriacombe).
Plus fréquemment que les autres, ils font des ivresses à répétition, ils consomment du cannabis et ils ont expérimenté des drogues illicites autres que le cannabis.

Surtout, de nombreux cas de toxicomanie ont été signalés après l'abandon de la compétition. La cocaïne a détruit la santé d'un footballeur argentin dont le nom est sur toutes les lèvres. 20% des toxicomanes d'une clientèle parisienne sont d'anciens sportifs.

Enfin, les dépressions et suicides sont anormalement fréquents à la suite du surentraînement, comme y insistent le Docteur Denys Barrault ainsi que Baum. En effet, le surentraînement aboutit à d'authentiques dépressions.

Quant au dopage, il n'est un méfait ni des sports de santé, ni même de la compétition.
Celui qui se dope achète, à titre individuel ou collectif, une tricherie envers ses concurrents.
Le dopage produit ses propres méfaits et il aggrave les autres méfaits des sports de compétition.
Les enjeux financiers et politiques du "haut niveau" acculent-ils au dopage ?

"Le sport de qualité commence où finit la santé" écrivait Brecht il y a 80 ans, avant qu'il soit question de dopage. De quelle qualité voulons-nous ?

 

L'envers des Jeux olympiques

L'envers des Jeux, ce sont les dommages constatés lors de la préparation et du déroulement des précédents Jeux d’été et d’hiver. Ces dommages ne sont pas seulement les accidents. Plus nombreux sont les abandons de toute espèce de sport, y compris les sports de santé. Combien d’abandons ont-ils été suivis de consommations nocives d’alcool et de drogues illicites ?
On peut aussi se demander quelle proportion des athlètes préparés aux Jeux estime, avec le recul, que cette préparation en valait la peine.

 

Responsabilités ?

Ces dérapages sont passés sous silence par les organismes qui se bornent à compenser les abandons par des recrutements.

Les carrières des sélectionneurs et entraîneurs des fédérations (financées ou approuvées par le ministère des sports) dépendent des podiums obtenus aux compétitions nationales et internationales. De là, le surentraînement des jeunes, la surcharge de leurs calendriers de compétitions, les tentations de dopages.
Est-ce une maltraitance que de ne pas respecter les rythmes de repos et de sommeil, les impératifs de la scolarité et ceux de la vie relationnelle ?

Quant aux toxicomanies, on peut envisager le rôle d'une prédisposition personnelle mais aussi se demander si les trafiquants de dopants, puis de drogues ne sont pas les mêmes. En infiltrant les milieux de la compétition, ils y ramassent probablement beaucoup d'argent.

Le dérapage s'achève ainsi en tête à queue.

Qui envoie les "sports" dans le mur ?
- Les financiers, avec les agences de publicité, non sans effondrer les espérances de santé et de vie ?
- Leurs médias, qui détournent l’attention vers le dopage, occultant  le problème principal : les dommages physiques et psychiques des sports de compétition dans leur état actuel, même en l’absence de dopage.
- Les politiciens dont on se demande s'ils n'exploitent pas électoralement les gladiateurs avec l'argent du contribuable, de connivence avec un système commercial où la corruption a été signalée  ?
- Les fédérations plus soucieuses de la santé du "sport" que des sports de santé ?
- Le public, qui en redemande ?

 

Suggestions pour le public

Aux adultes adeptes des sports de santé ("activités physiques") de ne pas déraper dans l'excès et de se rappeler qu'un effort d'une demi-heure par semaine suffit pour la santé.

Aux parents de commencer par mettre leurs enfants à l'abri. Certes, les bons gestes doivent s'apprendre avant 14 ans, par exemple au football ou au tennis, mais quels bienfaits visent les parents ?

Il y a plutôt un choix à faire entre la gloire et la santé des jeunes pousses, choix qui revient aux parents, conseillés par les professeurs. En effet, les enfants n'ont ni la maturité, ni les connaissances nécessaires pour apprécier les menaces et résister à ce que leur font miroiter les professionnels. Aux parents de dépister et protéger les jeunes qui recherchent à l'excès les sensations fortes, les risques ou la rage de vaincre.

Les parents qui rêvent d'un champion savent-ils qu'on ne peut être champion sans tout sacrifier à son sport ? Ils ont plus de chances d'obtenir un estropié de l'épaule, du genou, du pied, de la cheville, de la colonne vertébrale et même du cœur et du cerveau.
Les adolescents qui s'identifient à des idoles seront presque tous déçus dans leurs espoirs. Leur dépit risque de les éloigner de toute activité physique.

C'est au psychiatre ou au médecin généraliste bien formé qu'il appartient de discerner et protéger :
- La personnalité psychopathique, ou antisociale : impulsive, agressive, imprudente, avide d'ivresses ;
- L'incapacité de résister aux impulsions dangereuses. Même en l'absence d'accident, l'apaisement consécutif est mêlé d'un sentiment de culpabilité. Le faire remarquer à l'intéressé.

Aux médecins du sport d'être attentifs à leur indépendance professionnelle. Certes, ils sont sensibles au dopage et ils savent qu'un roi du vélo en est mort avant 35 ans.

Je suggère que ces médecins du sport reçoivent une nouvelle mission : suivre les athlètes, avec l'agrément de leurs médecins traitants, pendant un à deux ans après l'abandon de la compétition. Ainsi seront-ils en mesure d'évaluer les toxicomanies et les autres dommages psychiques et physiques consécutifs à cet abandon.

L'opinion poussera-t-elle à diminuer très progressivement
les subventions publiques aux sports qui estropient,
et à dédommager la Sécurité Sociale au-delà de ce que règlent les assurances ? Cela, sachant que beaucoup d'accidents sportifs sont mal assurés.

La Sécurité Sociale obtiendra-t-elle de récupérer le triple de ses débours après tout accident dans une manifestation sportive bénéficiant de publicité ou parrainages ?
D'autre part, après tout accident mortel ou laissant une incapacité de six mois, un pourcentage de la publicité et des parrainages ne serait-il pas à reverser au profit des mesures et de l'information en faveur des sports de santé et de plaisir ?
Les primes d'assurances seraient ajustées en conséquence.

 

Suggestions pour le ministre de la santé, de la jeunesse et des sports

Ces suggestions comportent :
- une enquête de l'INSERM sur l'envers des Jeux Olympiques précédents,
- une réflexion prospective sur la course aux records,
- un débat sur ces faits et cette prospective,
- éventuellement un désengagement progressif,
- l'affectation d'une partie des économies aux sports de santé ("activités physiques").

1, Une enquête de l'INSERM sur l'envers des Jeux Olympiques.

L'INSERM (Institut National de la Santé et de la recherche Médicale) dépend du ministre de la santé, qui pourrait le prier d'organiser une enquête limitée aux dommages physiques et psychiques déterminés, lors des seize dernières années, par la préparation en France et par le déroulement des Jeux, ainsi que par les abandons ultérieurs du sport par les athlètes. Les résultats seraient communiqués aux médias en même temps qu'au Président de la République qui ne dispose, jusqu'à présent, de rien d'équivalent.

2, Une réflexion prospective sur les futurs records.

Leur préparation mène-t-elle à des coûts exponentiels, humains et financiers ?

3, Un débat sur ces faits et cette prospective

À ce débat seraient conviés avec un poids égal trois instances : celles de la santé, celles des milieux sportifs avec leurs partenaires et celles des finances de l'état et des collectivités locales. Les propositions divergentes versées au débat seraient communiqués aux médias en même temps qu'au Président de la République.

4, Éventuellement, un désengagement qui serait progressif.

Bien entendu, l'objectif ne serait pas la prohibition des compétitions, mais par exemple une réduction des trois quarts des dommages physiques et psychiques déterminés par la préparation et le déroulement des Jeux ultérieurs, ainsi que par l'abandon ultérieur des compétitions sportives par nos athlètes préparés. Un précédent est encourageant : on a réussi à diminuer de moitié les blessés et les morts de la route.
Compte tenu des intérêts de toutes sortes qui gravitent autour des sports de compétition, la dépense publique affectée à ces sports serait réduite chaque année de 5% jusqu'à atteindre cet objectif.

5, L'affectation d'une partie des économies aux sports de santé ("activités physiques")

Une part de ces économies pourrait être consacrée à favoriser les sports de santé par la communication et par les investissements : notamment édifier et doter en personnel de nombreuses piscines bien accessibles, avec des heures d’ouverture distinctes de celles destinées aux scolaires et aux athlètes, afin que le grand public y soit à l’aise pour la nage de fond. Le ministère affirmerait sa mission de santé en les dédiant en premier lieu aux innombrables arthrosiques, aux estropiés du sport et aux femmes enceintes.

 

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Relire ci-dessus :
• Dérapages physiques des athlètes
• Dérapages psychiques des athlètes
• L'envers de Jeux olympiques
• Responsabilités ?
• Suggestions pour le public
• Suggestions pour le Ministère de la santé, de la Jeunesse et des Sports

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