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Le rôle de lInternet dans la prévention
du suicide
On envisagera comment Internet
intervient soit pour inciter au suicide, soit pour
la prévention du suicide. Les conditions de
lévaluation seront discutées
1, Internet pour inciter
au suicide
En toutes langues et en français,
le moteur de recherches Google recensait respectivement
près de 65 millions et de 2,5 millions
de documents (pages, forums de discussion) concernant
le suicide, le 2 avril 2009. La
grande majorité de ces documents visaient à
informer sur les procédés ou à inciter
au suicide. Des pactes de suicide ont été
conclus sur Internet (Baume, Mehlum). On ignore si la proportion
des incitations est la même dans les blogs et les
chats. Aux parents de mettre en garde leurs enfants.
Les personnes âgées
qui se sont suicidées étaient, plus que les
autres, utilisatrices de lInternet (Shah).
Des forums et sites mettent
laccent sur la liberté de choisir, liberté
présentée comme de valeur supérieure
à la vie. Ils paraissent ignorer que la crise suicidaire
est caractérisée, selon les psychiatres, par
un tel rétrécissement du champ de la conscience
que le suicide, loin dêtre une libre option,
est ressenti comme lunique solution. Ainsi, la liberté
de choisir sétait effondrée dans la
plupart des cas.
2, Internet pour la prévention
du suicide
Le nombre des documents qui
mentionnent la prévention (sans forcément
la viser) se réduit respectivement à moins
de 1.500.000 et de 250.000. Entre eux et ceux qui
incitent au suicide, la disproportion est frappante. Ce
déséquilibre donne une image marginalisée
de la prévention. Il y a lieu den débattre
avec les adolescents, nombreux à sinterroger
sur leur normalité.
Presque tous ces documents
décrivent les activités dassociations
et lieux de soins, sans aborder le fond du sujet :
objectifs de la prévention, conseils pour dépister
et aider.
Cinq moteurs de recherche présentent en tête
une majorité de Pages défavorables au suicide
ou neutres mais les Pages incitant au suicide et décrivant
les moyens d'y parvenir restent très accessibles
(Recupero 2008).
Un groupe de soutien différé
en ligne a été consulté par 954 personnes
et comparé avec un chat personnel (N 373) et avec
une ligne d'aide téléphonique (N 4.426), tous
animés par des bénévoles. Les menaces
de suicide ont été beaucoup plus fréquentes
dans le premier groupe (Gilat). Les courriels reçus
de lecteurs qui ont renoncé à un projet de
suicide ne peuvent pas être publiés. Il faut
payer pour accéder à certains sites de prévention.
LInternet permet
aux gouvernements d'afficher leurs priorités
dans la prévention du suicide. Par exemple, au
Royaume-Uni en 2002 :
Réduire le risque dans les domaines où
il a été reconnu, notamment en diffusant
des informations sur la dépression.
Promouvoir la santé mentale dans l'ensemble
de la population, notamment auprès des jeunes.
Un réseau d'entraide entre jeunes par discussion
en ligne a fait ses preuves en Irlande (Richards).
Rendre moins disponibles les moyens de se tuer ;
Persuader les médias d'améliorer
leurs reportages sur les suicides ;
Promouvoir la recherche ;
Améliorer les recensements en vue de pouvoir
justifier une réduction de 20% de l'incidence des
suicides en 10 ans.
Cela, en répétant que la prévention
du suicide est l'affaire de tout le monde.
L'Internet est aussi un outil
de formation pour les étudiants et les médecins,
avec des ressources de présentations multimédias,
d'interactivité, de consultations simulées
et d'évaluations (Herrestadt, avec le site norvégien
Selvmord). LInternet a servi à former des personnels
de santé concernés, à réaliser
économiquement des recherches et à facilier
la coopération entre chercheurs. Les organismes de
santé publique peuvent intégrer Internet
dans des plans de secours après une catastrophe
(Herbert).
3, Conditions de lévaluation
de la prévention
Un sondage dans la
population sur un thème de santé publique
peut se faire par courriels adressés à
un panel représentatif : méthode
validée et bien moins coûteuse quun sondage
par téléphone ou en face-à-face. Ce
fut le cas du sondage
interrogeant par courriels les personnes de 18 à
40 ans qui déclaraient avoir renoncé
à un projet sérieux de suicide. Des applications
pratiques en ont été déduites.
Les parents dont un enfant
est mort dans le jeu
du foulard se sont cotisés pour un sondage
par lIfop. Celui-ci a révélé
quun million et demi de jeunes Français âgés
de six à quatorze ans sy sont risqués
et que la moitié des personnes interrogées
en ignoraient le danger, alors que dix jeunes en mouraient
chaque année. LInternet a révélé
lutilité dinformer le public.
En vue de la promotion de
la santé, dinnombrables livrets ont
été coûteusement imprimés et
distribués à léchelle de populations
entières, en négligeant de constituer des
groupes témoins, donc den évaluer lefficacité
(O'Halloran,
Youthlink).
Sur lInternet, comment
constituer des groupes-témoins ? Lauteur
dun site ne le peut pas, tandis quun professionnel
de santé peut évaluer, dans sa clientèle,
les résultats sanitaires doutils puisés
sur lInternet, comme le questionnaire
de santé ou lauto-questionnaire
Tabac,
alcool : où en suis-je ? Cela,
en utilisant ou non ces outils par périodes alternées.
Faute de séparer
dans lespace les groupes à comparer, lInternet
permet de les séparer dans le temps. Par exemple,
les promoteurs de sites capables de répéter
des campagnes sur lInternet ont intérêt
à se synchroniser pour ne les réaliser et
les médiatiser quà intervalles de trois ans
ou davantage. Dans les suites des campagnes visant
les entourages des cibles, on rechercherait des fluctuations
dans les comportements des cibles.
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