Dépistage :

questionnaire de santé

 
Pourquoi proposer un questionnaire de dépistage

en médecine générale et médecine du travail ?

Révision : 11.07.2010     Translate

 

Quatre points essentiels :

• Les malades ont accepté volontiers cette feuille de dépistage facile à imprimer.
• Sans elle, de nombreux diagnostics sont manqués.
• Tout confrère peut s’en assurer en l’utilisant par périodes alternées.
• Douze questions aident à discerner à qui parler d’alcool.

 
 
En ville, parmi 200 malades, le questionnaire ci-dessous a mis sur la voie de 63 diagnostics supplémentaires et onze étaient importants.
112 autres réponses avaient un intérêt thérapeutique, éducatif ou psychothérapeutique.

En consultation hospitalière de gastroentérologie, plus nombreux étaient les diagnostics déjà établis de manière traditionnelle, et plus nombreuses ont été
les révélations supplémentaires issues des questionnaires.

Le questionnaire stimule la mémoire, sachant qu'un malade sur trois a inscrit des réponses non sollicitées. Le questionnaire permet de trouver du vrai chez ceux que l'on risquerait de prendre pour de faux malades ; et plus de vrai chez les vrais.

La durée de tout interrogatoire verbal est limitée, notamment parce que la grande majorité des réponses est heureusement non. En poursuivant, le médecin risque d'avoir l'air stupide.
Le questionnaire, lui, échappe à ce risque.

La plupart des malades de ville ont manifesté une surprise mais 10% seulement l'ont refusé. À l'hôpital, on n'a enregistré qu'un refus sur 123 présentations. Les malades acceptent par écrit des questions qu'ils auraient autrement considérées comme des insultes. Finalement, ils sont heureux de collaborer activement à leur propre diagnostic. Les sourds sont les plus grands bénéficiaires. En médecine du travail, en Californie, l'effet sécurisant du questionnaire s'est traduit par une réduction de l'absentéisme

Le questionnaire procure aussi plusieurs occasions de mettre ultérieurement la conversation sur l'alcool.
Aucune question sur les consommations d'alcool ne s'y trouve, mais douze questions (celles suivies de …) attirent souvent des réponses positives chez les personnes atteintes par l'alcool : mauvais sommeil, tranquillisants, fatigue, anxiété, mauvaise mémoire, dépression, idées de suicide, hypertension, goutte, crampes, tremblement et séquelles d'accidents. En pareil cas, le médecin utilisateur peut s'inspirer de la première question du questionnaire CAGE-DETA en demandant :

« Vous êtes-vous déjà dit que nous ferions bien de voir ensemble où vous en êtes avec l'alcool ? »

Le bon moment pour évoquer l'alcool est pendant ou après l'examen physique.
Le questionnaire, l'examen et l'entretien servent à discerner si le buveur est dépendant (et à quel degré), s'il est atteint autrement ou s'il est simplement menacé.

Beaucoup de médecins généralistes et de médecins du travail craignent qu'on veuille les remplacer par une machine. Pourtant, il ne s'agit que d'aide au diagnostic. Un oui n'est qu'un symptôme, il n'est pas un diagnostic, d'autant plus qu'aucun oui n'est une certitude.
En cas de dépendance alcoolique traitée, les douze questions ci-dessus servent aussi de critères du rétablissement.

Conçu pour l'aide au diagnostic, le présent questionnaire est inapproprié pour l'épidémiologie. Il est plus orienté vers les symptômes que vers les maladies. Les questions sont volontairement imprécises. Elles sont sélectionnées en fonction de la gravité de l'omission ou des risques iatrogènes. L'épidémiologie relève de sondages et non du labeur quotidien.
 

Comment s'en servir ?

Le questionnaire est confié pour être rempli en salle d'attente. Si la réponse est non,  le client n'inscrit rien. Si la réponse est oui, le client trace un cercle autour du point d'interrogation. De même, s'il hésite : on en reparlera. Cela lui demande en moyenne quatre minutes.

Quand le client entre, le médecin laisse le questionnaire de côté, et commence par ne rien changer à ses habitudes.
C'est avant l'examen physique qu'il dépouille le questionnaire en peu de temps, parce que les questions sont libellées par oui ou rien plutôt que par oui ou non. Si la réponse est erronée, le médecin biffe le cercle.
Si elle apporte du nouveau, il entoure le cercle. Le temps consacré aux questions de routine est abrégé, ce qui aide à mieux centrer l'entretien médical.
La durée des consultations est un peu allongée parce qu'il faut clarifier les points obscurs et exploiter médicalement les révélations.
La liste ci-dessous s'imprime aisément. Préparer en traitement de texte deux documents vides. L'un formaté de façon quelconque, nommé "Intermédiaire". L'autre, nommé "Questionnaire,santé", formaté en trois colonnes, avec des marges de 1,25 cm, en simple interligne, aligné à gauche, sans retraits d'alinéas, en caractères Times New Roman ou Arial Condensed Light 12 pt ou 11 points.
Copier-coller la Page que vous avez sous les yeux dans "Intermédiaire". Là, effacer les textes qui précèdent et qui suivent le questionnaire. Copier-coller celui-ci dans "Questionnaire".
Imprimer
Le questionnaire occupe une page. Le médecin peut le modifier à sa guise.

Libre à l'internaute d'en imprimer des exemplaires pour lui et son entourage pour en apporter un exemplaire rempli à son médecin. 

En service depuis 1973, le questionnaire ci-dessous a été révisé en 2008.

Évaluer les services rendus par ce questionnaire est hors de portée sur Internet, faute d'identifier les bénéficiaires. Par contre, le confrère peut alterner, dans sa clientèle, les trimestres avec ou sans remise de ce questionnaire.
Les critères de comparaison sont, de trimestre en trimestre :
• Le nombre de diagnostics et conseils supplémentaires dus au questionnaire.
• Le nombre d'occasions de conversation sur l'alcool.
• Le nombre de "faux malades" reconnus comme vrais.
• Le nombre de sourds dépannés.
• Les marques de gratitude des cl
ients.

 

Références

Les questions ont été tirées, pour la plupart, de deux questionnaires de santé, l'un américain, l'autre suédois.

- Besançon F, Chabin B, Toupin M : Valeur du questionnaire de santé en médecine de   famille et en consultation hospitalière. Sem Hôp Paris 1984; 60 (9): 608-614

- Besançon F, Chabin B, Toupin M : L'épidémiologie, application accessoire des questionnaires de santé.  Sem Hôp Paris 1984; 60 (9): 615-617

 

MA SANTÉ

Les questions ci-dessous servent au dépistage de maladies fréquentes et de risques à ne pas négliger.
Mes réponses ne seront connues que de mon médecin et elles seront couvertes par le secret médical.
MON NOM : 

PRÉNOM :
NOM DE NAISSANCE :
Âge… Taille………Poids……kg 

Date d'aujourd'hui……
COMMENT RÉPONDRE : 

Si ma réponse est NON,
je ne marque rien.

Si c'est OUI,  je trace un cercle autour du  ?

Si j'hésite, je répondez OUI en traçant ce cercle,
   pour en parler tout à l'heure.

Suis-je ici pour la première fois ?

Est-ce que je prends un médicament ? 

Un somnifère ?  Tranquillisant…?
Un anticoagulant ?

Y a-t-il un médicament
   que je ne supporte pas ?
Des aliments mal supportés ?

Une allergie ?
Malaise après piqûre d'insecte ?

Ai-je des maux de tête ?

Est-ce que je dors mal…?
Gêné par du bruit ?

Suis-je fatigué…?
Souvent
anxieux…?   Tendu ?
Ai-je
maigri récemment ?
Vaccinations oubliées ?

Ai-je eu des accès de fièvre ?

Ai-je été opéré ?
Transfusion de sang ?

Suis-je trop essoufflé à l'effort ?
Douleurs de poitrine à l'effort ?
Ces douleurs sans faire d'effort ?

Palpitations du cœur ?

Trop de tension artérielle…?

Crampes anormales…?
Ai-je eu une phlébite ?

Mes chevilles enflent-elles ?

Est-ce que je saigne trop facilement ?
Ai-je craché du sang ?

Ai-je eu de l'asthme ?
Bronchites tenaces, fréquentes ?

Lumbago ?   Sciatique ?
Goutte, acide urique…?

Une jaunisse ?

Ulcère de l'estomac, duodénum ?

Parasites, vers intestinaux ?

Une digestion pénible ?

Constipation ? Faux besoins ?
Est-ce que je prends des laxatifs ?

Est-ce que je suis un régime ?

Sang rouge ou noir dans les selles ?

Pertes de connaissance ?

Incidents à ma naissance ?
Convulsions ou tétanie ?

Mémoire moins bonne…?

Ai-je eu une dépression…?
Des idées de suicide…?

Tremblement… maladresses ?

Coliques néphrétiques ?

Brûlures en urinant ?

La nuit, obligé d'uriner trop souvent ?

De l'albumine dans l'urine ?

Diabète, sucre dans l'urine ?
Davantage soif ?

Vertiges ?
Bourdonnements d'oreilles ?

Surdité débutante ?
Maladies des yeux ?

Rhumes, sinusites qui traînent ?
La voix enrouée ?

Dents en mauvais état ?

Les grosses bouchées passent mal ?

Grosseur, ganglion sous la peau ?

Exposé à des produits toxiques ?
   Drogues ?
Est-ce que je
fume
   plus de dix cigarettes/jour ?
Séquelles d'accidents…?

Ai-je risqué de devenir 
  séro-positif ?

FEMMES SEULEMENT

Du sang en dehors des règles ?
Un retard de règles ?

Règles trop abondantes ?


Seins : douleurs ?
Grosseur ?
Parler : contraception, préservatif ?

Frottis cervico-vaginaux omis ?

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Extrait de  http://www.parlersante.fr

 

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