Dépistage :

questionnaire de santé

 
Pourquoi proposer un questionnaire de dépistage

en médecine générale et médecine du travail ?

Révision : 07.01.2012     Translate

 

Quatre points essentiels :

• Les malades ont accepté volontiers cette feuille de dépistage facile à imprimer.
• Sans elle, de nombreux diagnostics sont manqués.
• Tout confrère peut s’en assurer en l’utilisant par périodes alternées.
• Douze questions aident à discerner à qui parler d’alcool.

 
 

En ville, parmi 200 malades, le questionnaire ci-dessous a mis sur la voie de 63 diagnostics supplémentaires et onze étaient importants.
112 autres réponses avaient un intérêt thérapeutique, éducatif ou psychothérapeutique.

En consultation hospitalière de gastroentérologie, plus nombreux étaient les diagnostics déjà établis de manière traditionnelle,
et plus nombreuses ont été les révélations supplémentaires issues des questionnaires.

Le questionnaire stimule la mémoire, sachant qu'un malade sur trois a inscrit des réponses non sollicitées. Le questionnaire permet de trouver du vrai chez ceux que l'on risquerait de prendre pour de faux malades ; et plus de vrai chez les vrais.

La durée de tout interrogatoire verbal est limitée, notamment parce que la grande majorité des réponses est heureusement non. En poursuivant, le médecin risque d'avoir l'air stupide.
Le questionnaire, lui, échappe à ce risque.

La plupart des malades de ville ont manifesté une surprise mais 10% seulement l'ont refusé. À l'hôpital, on n'a enregistré qu'un refus sur 123 présentations. Les malades acceptent par écrit des questions qu'ils auraient autrement considérées comme des insultes. Finalement, ils sont heureux de collaborer activement à leur propre diagnostic.

Les sourds sont les plus grands bénéficiaires. En médecine du travail, en Californie, l'effet sécurisant du questionnaire s'est traduit par une réduction de l'absentéisme.

Le questionnaire procure aussi plusieurs occasions de mettre ultérieurement la conversation sur l'alcool.

Aucune question sur les consommations d'alcool ne s'y trouve, mais douze questions (celles suivies de …) attirent souvent des réponses positives chez les personnes atteintes par l'alcool : mauvais sommeil, tranquillisants, fatigue, anxiété, mauvaise mémoire, dépression, idées de suicide, hypertension, goutte, crampes, tremblement et accident récent.

En pareil cas, le médecin utilisateur peut s'inspirer de la première question du questionnaire CAGE-DETA en demandant :
Vous êtes-vous déjà dit que nous ferions bien de voir ensemble où vous en êtes avec l'alcool ?

Le bon moment pour évoquer l'alcool est pendant ou après l'examen physique. Le médecin qui hésiterait pourrait demander quel a été le plus grand nombre de verres bus en une seule journée par la mère et le père de son client. Si ce nombre est élevé, il dénote au moins une vulnérabilité (Malone).

Le questionnaire, l'examen et l'entretien servent à discerner si le buveur est dépendant (et à quel degré), s'il est atteint autrement ou s'il est simplement menacé.

Beaucoup de médecins généralistes et de médecins du travail craignent qu'on veuille les remplacer par une machine. Pourtant, il ne s'agit que d'aide au diagnostic. Un oui n'est qu'un symptôme, il n'est pas un diagnostic, d'autant plus qu'aucun oui n'est une certitude.

En cas de dépendance alcoolique traitée, les douze questions ci-dessus servent aussi de critères du rétablissement.

Le présent questionnaire n'est conçu que comme aide au dépistage. Il est plus orienté vers les symptômes que vers les maladies. Les questions sont volontairement imprécises. Elles sont sélectionnées en fonction de la gravité de l'omission ou des risques iatrogènes. L'épidémiologie relève de sondages et non des questionnaires quotidiens.

 

Comment s'en servir ?

Le questionnaire est confié pour être rempli en salle d'attente. Si la réponse est non,  le client n'inscrit rien. Si la réponse est oui, le client trace un cercle autour du point d'interrogation. De même, s'il hésite : on en reparlera. Cela lui demande en moyenne quatre minutes.

Quand le client entre, le médecin laisse le questionnaire de côté, et commence par ne rien changer à ses habitudes.
C'est avant l'examen physique qu'il dépouille le questionnaire en peu de temps, parce que les questions sont libellées par oui ou rien plutôt que par oui ou non. Si la réponse est erronée, le médecin biffe le cercle.

Si elle apporte du nouveau, il entoure le cercle. Le temps consacré aux questions de routine est abrégé, ce qui aide à mieux centrer l'entretien médical.
La durée des consultations est un peu allongée parce qu'il faut clarifier les points obscurs et exploiter médicalement les révélations.

Le questionnaire s'imprime aisément.
Utiliser Firefox comme navigateur.
http://www.parlersante.fr/questionnaire_sante.htm

Préparer en traitement de texte un document vide.
Le formater en deux colonnes, avec des marges de 2 cm, en simple interligne, aligné à gauche, sans retraits d'alinéas, en caractères Georgia 10 points.

Y copier-coller la section “MA SANTE” que vous avez sous les yeux. Vérifier qu'il est en caractères Georgia 10 points. Il tient dans une page. Le médecin peut le modifier à sa guise.
L’imprimer.

Libre à l'internaute d'en imprimer des exemplaires pour lui-même et pour son entourage, et pour en apporter un exemplaire rempli à son médecin. 

En service depuis 1973, le questionnaire a été révisé en 2008.

Évaluer les services rendus est hors de portée sur Internet, faute d'identifier les bénéficiaires.
Par contre, le confrère peut alterner, dans sa clientèle, les trimestres avec ou sans utilisation de ce questionnaire.

Les critères de comparaison sont, de trimestre en trimestre :
• Le nombre de diagnostics et conseils supplémentaires dus au questionnaire.
• Le nombre d'occasions de conversation sur l'alcool.
• Le nombre de "faux malades" reconnus comme vrais.
• Le nombre de sourds dépannés.
• Les marques de gratitude des cl
ients.

 

Références

Les questions ont été tirées, pour la plupart, de deux questionnaires de santé, l'un américain, l'autre suédois.

- Besançon F, Chabin B, Toupin M : Valeur du questionnaire de santé en médecine de famille et en consultation hospitalière. Sem Hôp Paris 1984; 60 (9): 608-614

- Besançon F, Chabin B, Toupin M : L'épidémiologie, application accessoire des questionnaires de santé.  Sem Hôp Paris 1984; 60 (9): 615-617
- Malone SM, McGue M, Iacono WG. Mothers' maximum drinks ever consumed in 24 hours predicts mental health problems in adolescent offspring. J Child Psychol Psychiatry 2010; 51(9): 1067-1075

 

MA SANTÉ

Les questions ci-dessous servent au dépistage de maladies fréquentes et de risques à ne pas négliger.
Mes réponses ne seront connues que de mon médecin et elles seront couvertes par le secret médical.
MON NOM :

PRÉNOM :
NOM DE NAISSANCE :
Âge… Taille……… Poids……kg
Date d'aujourd'hui……
COMMENT RÉPONDRE :

Si ma réponse est NON, je ne marque rien.
Si c'est OUI, je trace un cercle autour du ?
Si j'hésite, je répondez OUI en traçant ce cercle,
pour en parler tout à l'heure.

Suis-je ici pour la première fois ?
Est-ce que je prends un médicament ?
Un somnifère ?       Tranquillisant…?

Un anticoagulant ?
Y a-t-il un médicament que je ne supporte pas ?

Des aliments mal supportés ?
Une allergie ?
Malaise après piqûre d'insecte ?

Ai-je des maux de tête ?
Est-ce que je dors mal…?
Gêné par du bruit ?

Suis-je fatigué…?
Souvent anxieux…? Tendu ?
Ai-je maigri récemment ?

Vaccinations oubliées ?
Ai-je eu des accès de fièvre ?
Ai-je été opéré ?
Transfusion de sang ?

Suis-je trop essoufflé à l'effort ?
Douleurs de poitrine à l'effort ?
Ces douleurs sans faire d'effort ?

Palpitations du cœur ?
Trop de tension artérielle…?
Crampes anormales…?

Ai-je eu une phlébite ?
Mes chevilles enflent-elles ?

Est-ce que je saigne trop facilement ?
Ai-je craché du sang ?

Ai-je eu de l'asthme ?
Bronchites tenaces, fréquentes ?

Lumbago ? Sciatique ?
Goutte, acide urique…?

Une jaunisse ?
Ulcère de l'estomac, duodénum ?
Parasites, vers intestinaux ?
Une digestion pénible ?

Constipation ? Faux besoins ?
Est-ce que je prends des laxatifs ?

Sang rouge ou noir dans les selles ?
Est-ce que je suis un régime ?

Pertes de connaissance ?
Incidents à ma naissance ?
Convulsions ou tétanie ?

Mémoire moins bonne…?
Ai-je eu une dépression…?
Des idées de suicide…?
Tremblement… maladresses ?

Coliques néphrétiques ?
Brûlures en urinant ?
La nuit, obligé d'uriner trop souvent ?

De l'albumine dans l'urine ?
Diabète, sucre dans l'urine ?
Davantage soif ?

Vertiges ?
Bourdonnements d'oreilles ?
Surdité débutante ?
Maladies des yeux ?

Rhumes, sinusites qui traînent ?
La voix enrouée ?

Dents en mauvais état ?
Les grosses bouchées passent mal ?

Grosseur, ganglion sous la peau ?

Exposé à des produits toxiques ?
Drogues ?
Est-ce que je fume
plus de dix cigarettes/jour ?

Séquelles d'accidents…?
Ai-je risqué de devenir
séro-positif ?

FEMMES SEULEMENT

Du sang en dehors des règles ?
Un retard de règles ?
Règles trop abondantes ?
Seins : douleurs ? Grosseur ?
Parler : contraception, préservatif ?
Frottis cervico-vaginaux omis ?
---------------------------------------------------------
Extrait de http://goo.gl/UL6wP

 

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