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Recommandations aux femmes par Internet.
Dès son projet
de conception, toute femme peut bénéficier,
grâce à cette Page et à d'autres, de
linformation disponible. C'est à elle que revient
la décision de sabstenir
de tabac, dalcool et de drogues tout au long de la
grossesse projetée comme de l'allaitement. Répétons-le,
il na pas été possible de définir
une consommation sans risque, faute davoir identifié
des signes spécifiques du syndrome dalcoolisation
foetale, signes qui auraient permis de discerner les handicaps
dus à lalcool de ceux dus à dautres
causes.
Une
fois enceinte, une femme qui na aucun
problème dalcool ne doit pas faire de ces
informations un motif dangoisse si elle a bu avant
d'être informée. Rappelons ce qui est expliqué
plus haut sur la rareté des embryons atteints.
Une femme qui interromprait
une grossesse n'est jamais sûre d'avoir la suivante
ni que la suivante soit sans risque.
Ces risques pèsent probablement plus lourd que le
risque actuel.
Il suffit quune fois
informée la femme se détourne de lalcool,
ne rumine pas ce qu'elle a bu, ne multiplie pas les échographies
et vive dans la confiance indispensable à
son bon équilibre comme à celui de son enfant.
Plus les femmes seront informées, notamment
grâce aux étiquettes sur les bouteilles,
plus rares seront les cas de grossesses vécues
dans l'angoisse.
Le malentendu vient de ce
que le corps médical n'a envisagé qu'un seul
message, le conseil de s'abstenir au cours de la grossesse :
conseil irréprochable avant le projet de grossesse,
et pour la suite de celle-ci, mais angoissant au sujet des
consommations épisodiques.
L'excès d'insouciance
n'est pas moins préoccupant que l'excès
d'angoisse. Actuellement, la quasi-totalité
des femmes sont informées. Pourtant, une récente
enquête sur 150 femmes hospitalisées
en maternité a révélé que
10% d'entre elles (soit 5% de celles qui ne seraient pas
dépendantes) continuaient une consommation hebdomadaire
supérieure à 14 verres ou à
quatre verres par occasion. C'est dire l'utilité
d'informer mieux et plus tôt(Vabret). Les tests
de grossesse, grâce à leurs prospectus, pourraient
utilement rappeler qu'un résultat positif invite
à s'abstenir d'alcool jusqu'à ce quela grossesse
soit confirmée.
Cette insouciance a été retrouvée
en observant les écrits des femmes sur trois forums
de l'Internet. Beaucoup d'entre elles, se fiant aux propos
de leurs mères, n'ont compris ni le risque, ni
la nécessité de s'abstenir (Toutain).
Les buveuses sont presque
toutes fumeuses, ce qui ajoute des dangers pour la croissance
du foetus et le déroulement de la grossesse ainsi
que, pour le bébé, un risque accru de bronchite,
d'asthme et même de mort subite. L'arrêt du
tabac est à organiser autant pour les femmes enceintes
que pour les accouchées.
Recommandations aux personnels soignants.
Ceux-ci sont déjà
au courant des recommandations précédentes.
Ce qui est difficile, cest que faire devant une femme
enceinte sur vingt, celle qui est atteinte de dépendance
alcoolique. Cest une des rares urgences en alcoologie.
Les femmes enceintes qui
boivent trop sont bien plus nombreuses qu'on ne l'imagine
(Magnusson).
Avant même dinformer et de donner les recommandations
ci-dessus, il est prudent de demander à toutes
les femmes enceintes, à la suite du Dr. D. Playoust :
« Votre consommation dalcool vous pose-t-elle
problème ? », puis
« Quelle est la consommation dalcool
qui pose problème chez une femme enceinte ? »
On peut aussi préférer
ne pas parler des consommations de prime abord, et utiliser
les outils disponibles sur ce site Internet : le Dépistage :
questionnaire de santé dans lequel une douzaine
de questions mènent indirectement vers l'alcool
et l'auto-questionnaire à emporter Tabac,
alcool : où en suis-je ? tout en
sachant que ce questionnaire est peu adapté à
des femmes enceintes peu instruites.
Si les réponses
ou le contexte laissent deviner que le problème
d'alcool est bien présent, demander encore à
quand remonte la dernière consommation dalcool,
puis senquérir sur les ivresses
plutôt que sur les consommations quotidiennes, qui
seraient niées.
Pour évaluer le degré de dépendance,
demander si, dhabitude, la femme a de la peine à
sarrêter après le deuxième ou
le troisième verre.
Pour motiver une femme
dépendante à sabstenir dalcool,
il ne suffit pas de lui représenter le danger pour
son enfant. Cela pourra même aggraver ses consommations
en augmentant le sentiment de culpabilité qui existe
déjà, ainsi que la crainte dun placement
de lenfant : la femme boirait de plus belle pour
oublier.
Le soignant a donc besoin dune formation en alcoologie
et du secours dune buveuse rétablie. Les entretiens
tiendront compte des agressions sexuelles du passé,
de la violence du conjoint, des autres consommations à
risques et des troubles psychiatriques associés.
Il est utile de s'appuyer sur les échographies successives :
« Vous allez le voir regrossir ! »
Dès que possible
avant la naissance, on recherche, si nécessaire,une
structure d'accueil évitant de séparer l'enfant
de sa mère. Si cet hébergement ne s'impose
pas, on prépare le suivi
en obtenant la visite du médecin traitant, dune
buveuse rétablie et des autres intervenants évoqués
plus haut, y compris les non-professionnels (Grant). Avec
l'assistante sociale et la psychologue, ce suivi relève
de l'ECIMUD, équipe de coordination et d'intervention
mobile auprès des usagers de drogues (Lejeune)
L'allaitement est
autorisé et recommandé en vue d'une bonne
relation entre la mère et l'enfant. Cela, dans tous
les cas, même en cas de traitement de substitution
aux opiacés et même en cas de séropositivité
(Lejeune). Après la naissance, il est justifié
de prolonger, si possible, le séjour en maternité
pour favoriser la relation entre la mère et lenfant.
Le père du
foetus nest pas à oublier.
Avant d'en arriver là,
les personnels soignants ont un rôle dans la prévention,
dès les consultations de contraception, ou en vue
des grossesses ultérieures : mettre en garde
sur les grossesses indésirées qui ont débuté
lors d'ivresses et sur le risque ultérieur d'embryo-foetopathie
alcoolique. Une grossesse indésirée peut
avoir été accompagnée dune
contamination par les virus du sida et de lhépatite C,
à dépister.
RÉFÉRENCES
Les 30 communications
présentées à la Société
Française dAlcoologie les 10 et 11 octobre
2002 sont récapitulées en Recommandations
de la Société dans Alcoologie et Addictologie
2002; 24 (4): 384-391 et 2003; 25 (Suppl 2):
47S-103S.
- Auteurs multiples : Le syndrome d'alcoolisation foetale.
Alcool Assistance 2004; n° 141, 4-36
Vous êtes dispensé de vous rendre en bibliothèque
pour consulter la plupart des références citées
dans ce site. Depuis 1966, plus de mille périodiques
de sciences médicales sont accessibles grâce
à Medline-Pubmed.
Si une citation vous intéresse, vérifier qu'en
haut et à gauche le cadre Search contient Pubmed.
Dans le cadre suivant, inscrire le nom du premier auteur
suivi de sa ou ses initiales ; facultativement le nom
du second auteur ; enfin l'année.
Par exemple, inscrire Schmidtke A 1988
Le Résumé saffiche aussitôt, avec
souvent ladresse e-mail de lauteur. Celle-ci
vous permet de lui demander le texte in-extenso de son article
en pièce jointe (attached file) à
un courriel.
- Alati R, Al Mamun A, Williams GM, O'Callaghan M, Najman
JM, Bor W. In utero alcohol exposure and prediction of alcohol
disorders in early adulthood: a birth cohort study. Arch
Gen Psychiatry. 2006 Sep;63(9):1009-16
- Chang G. A
brief intervention for prenatal alcohol use. An in-depth
look. J Substance Abuse Treatm 2000; 18: 365-369
- Dehaene Ph. La grossesse et l'alcool. Paris, PUF
Que sais-je ? 1995
- Galéra C, Bouvard MP, Encrenaz G, Messiah A, Fombonne
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causes neurotoxicity, which is prevented by folic acid.
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hospitalisées en maternité. Alcoologie &
Addictologie 2006; 28(3): 217-222
- Sur Internet, on trouve plus de 20 000 Pages
en français sur le sujet. En langue anglaise, consulter :
http://depts.washington.edu/fadu/
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