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Drogues :
expliquer les lois
Que les parents n'aient pas
peur d'expliquer que les lois
ont leur raison d'être :
protéger la liberté (contre le risque
d'être accroché) et protéger contre les
dégâts.
La loi la plus efficace est
celle qui autorise les contrôles routiers au
hasard, comme en Sarre.
Déjà, la loi française du 3 février
2003 autorise à détecter les drogues illicites
chez tout conducteur impliqué dans un accident corporel
ou simplement en infraction : excès de
vitesse, feu rouge brûlé, ceinture ou casque
non mis.
Il est facile de détecter dans l'urine ou la salive
la plupart des drogues interdites.
Le cannabis reste détectable dans l'urine plusieurs
semaines après la dernière consommation ;
dans la salive, durant six heures.
Inutile d'alléguer que cette consommation a cessé
ses effets.
Il suffit, en effet, qu'ait été consommée
une substance interdite. L'interdiction ressemble à
celle de franchir la ligne blanche continue sur la route.
Ce qui justifie l'interdiction, c'est son efficacité
protectrice pour les usagers de la route.
L'objectif de la loi est de protéger, sans prétendre
éradiquer les drogues ni détruire les libertés
individuelles.
La "loi Marie-Lou" du 3 février 2003
expose à deux ans d'incarcération et
à 4.500 euros d'amende la conduite sous l'influence
d'une drogue illicite. La peine est aggravée si l'alcoolémie,
de son côté, dépasse le seuil légal.
Le permis de conduire peut être suspendu ou annulé.
Le code du travail autorise
que le dépistage soit imposé par le
règlement intérieur de l'entreprise quand
le poste comporte des risques pour le travailleur ou pour
autrui.
Admettre cela n'a rien d'évident
pour l'adolescent qui déclare que le hasch lui "fait
du bien" : il se sent mieux, il s'intègre plus
facilement au groupe.
Peu à peu, il comprendra que ses consommations ne servent
plus à se sentir bien, mais à se sentir moins
mal. Cela dès leur début, s'il a consommé
pour camoufler son mal-être au lieu de lui faire face.
Une fois décroché de l'école ou du travail,
une fois atteint d 'un cancer, comment se sentira-t-il ?
Quant au groupe, est-il fait de vrais amis ? Un trafiquant
en fait-il partie ?
Enfin, tout le monde roule. "Se faire du bien" autorise-t-il
à mettre autrui en danger sur la route?
Cest le trafic de
drogue qui est lourdement sanctionné, parce quil
met en danger la liberté, la santé et les
économies dautrui.
En 2004, plus de 13.000 arrestations ont eu lieu pour
vente de cannabis ; près de 3.000 pour la cocaïne
et le crack ; environ 2.000 pour l'héroïne ;
plus de 1.000 pour l'ecstasy.
Remettre de la drogue à
autrui expose à 5 ans de prison et 75.000 euros
damende. La peine est portée à 10 ans
si la drogue est offerte à un mineur ou dans un établissement
denseignement. Il est facile, pour la police, de démasquer
le lycéen qui collecte des fonds pour approvisionner
un groupe. Son casier judiciaire s'en ressentira.
Approvisionner un groupe en provenance dun pays où
lon se procure aisément les produits est déjà
considéré comme un trafic, exposant à
10 ans de prison et 7.500.000 € damende.
Mettre un local à la disposition dun groupe de
consommateurs, cest aussi encourir des peines. Faire
pousser des pavots ou du chanvre est considéré
comme un crime, encourant 20 ans de détention.
Les peines sont aggravées pour les trafiquants en bande
organisée, allant jusqu'à 7,5 millions
d'euros d'amende et la réclusion criminelle à
perpétuité. Les guetteurs et rabatteurs sont
visés. Le simple fait d'avoir incité à
la consommation ou au trafic expose en correctionnelle à
75.000 euros d'amende et à 5 ans de prison.
Le blanchiment de largent du trafic ou limpossibilité
de justifier des ressources correspondant au train de vie
sont efficacement sanctionnés.
Le dépistage est systématique
en cas d'accident corporel de la circulation. Il est posible
en cas d'accident matériel, de certaines infractions
au code, ou lorsqu'il existe des raisons de soupçonner
l'usage de stupéfiants.
Si le dépistage est
positif, le conducteur encourt le retrait
de six points de son permis. 2 ans d'incarcération
et 4.500 euros d'amende. S'il s'ajoute une alcoolémie
prohibée, il encourt une suspension du permis et une
incarcération pouvant atteindre 3 ans ; et
juqu'à 9.000 euros d'amende.
Celui qui est trouvé
porteur de hasch ou dune autre drogue illicite, le
"simple usager", peut se retrouver en garde à
vue et ses parents en seront avertis. Il risque jusquà
un an de prison et 3.750 € damende
avec inscription au casier judiciaire, surtout sil
a récidivé. La plupart des peines correctionnelles
ont été prononcées contre des chauffeurs
routiers ou autres professionnels exposant à des
risques.
Ces cas mis à part, personne n'est en prison pour
être porteur d'un peu de drogue.
La peine habiruellement prononcée est un stage d'information
payant.
Les morts sur la route sont
devenus deux fois moins nombreux, ce qui démontre que
les lois préventives sont loin dêtre des
échecs. On admet que leurs succès restent partiels,
comme ceux des lois qui répriment le vol.
Entre loffre et la demande dalcool ou de drogues,
on ne cesse de discuter laquelle est la plus déterminante.
Lhistoire paraît désigner loffre,
contrairement à la déclaration dun évêque
des Andes à propos de la cocaïne, selon laquelle
cest la demande. Allons voir avec lui ce que loffre
dalcool a fait des indigènes de la Terre de feu
et des Amérindiens des réserves.
Le libellé des lois
reste perfectible. Ainsi la Suède, devant les résultats
de sa législation laxiste de 1970, est-elle
devenue la plus stricte en même temps que la plus
active en prévention.
Certains juristes, constatant que la loi est souvent bafouée,
proposent de "légaliser la consommation".
Regardons plutôt si la légalisation de l'alcool
en supprime les dégâts. Pourquoi la légalisation
du cannabis réussirait-elle moins mal ? Moins
les lois son répressives, plus on compte de drogués.
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