|
Les
rôles du médecin du travail varient suivant les
circonstances :
la visite d'embauche,
le cas d'une intoxication connue,
l'occasion procurée par un incident,
le cas d'une intoxication restant à dépister,
le cas d'un médecin interentreprises,
le cas d'un arrêt de travail.
Il lui faut admettre les délais de la réinsertion.
a,
La visite d'embauche
Les drogués sont volontiers
candidats à des postes de la fonction publique, qui
leur offrent les meilleures chances de conserver leurs habitudes.
La visite dembauche
est régie par le médecin du travail qui peut
en publier les modalités. La visite médicale
dembauche comportera un questionnaire de santé
confidentiel et des tests psychomoteurs : ils serviront
de termes de comparaison en cas de troubles ultérieurs
du comportement.
Tout candidat utilisant un
médicament susceptible daltérer la vigilance
est prié de lindiquer lors de la visite médicale
dembauche en y joignant copie de la ou des ordonnances.
La détection des substances
psychotropes (médicaments, alcool, drogues) est une
décision du médecin du travail. Il peut la proposer
à tous les candidats à l'embauche. Ceux-ci ont
le droit de la refuser. Elle ne peut être imposée
à l'embauche que pour les postes de sécurité
inscrits au règlement intérieur (Article R.
4624-25 du code du travail). Le salarié doit être
informé par le médecin du travail du test prescrit.
Les tests de dépistage
des drogues illicites sont nécessairement pratiqués
par un médecin ou un biologiste, contrairement au
dépistage de l'intoxication alcoolique.
Les résultats des tests sont soumis au secret médical.
Avant la fin de la période
dessai, de nouveaux tests psychomoteurs et une éventuelle
seconde détection seront proposées, toujours
couverts par le secret médical. Offrir cette chance
de samender discrètement dans l'intervalle, cest
agir en faveur de lemploi.
S'il y a lieu de refuser l'aptitude au poste, le médecin
du travail préfère
le motiver par les résultats insuffisants des tests
psychomoteurs.
Les formations en alternance
amènent en entreprises de nombreux jeunes consommateurs
de drogues. Les postes de sécurité ne sont
pas pour eux.
Il nest pas rare quun drogué postule
pour un poste de sécurité et soit satisfait
dun refus, qui lui permet de conserver lassurance
chômage.
b,
Cas dune intoxication
connue
Il est possible au médecin de travail d'entamer la
conversation sur "le problème d'alcool" à
tout moment, de préférence pendant ou après
l'examen physique, mais les chances de succès sont
bien meilleures sil est appelé par le secouriste
en cas d'incident.
Le médecin du travail
doit être capable de distinguer les personnes dépendantes
de lalcool, qui relèvent du soin ; et
les buveurs excessifs non dépendants, qui relèvent
pour la plupart dinterventions brèves répétées
à base dentretiens motivationnels, dans lesquelles
les infirmières excellent.
Le convalescent aura des rendez-vous
périodiques, tant avec son médecin qu'avec son
groupe de rétablis. En cas de reprise de consommation
après dépendance, le médecin du travail
prononce une inaptitude temporaire et incite lintéressé
à téléphoner séance tenante à
un alcoolo-drogué rétabli.
c,
Occasion procurée par un incident
La procédure négociée
par le Dr. Gérard Simon (1996) à Carignan (Ardennes),
y compris avec l'Inspecteur du Travail, était que,
devant un comportement anormal, un accident ou une bagarre,
un membre de la Commission Santé, émanation
du CHSCT, proposait à l'intéressé de
désigner le secouriste de son choix sur la liste des
10 secouristes volontaires ayant reçu la formation
adéquate.
S'il acceptait le secours assorti du contrôle, ce qui
a été le cas 96 fois sur 100, il était
assuré de ne pas être sanctionné quel
que soit le résultat, l'objectif étant la protection
de l'emploi autant que la prévention des dommages.
Le secouriste l'emmenait
dans un local discret de l'infirmerie pour contrôler
l'alcoolémie (il nétait pas encore question
de drogues à lépoque). Ue alcoolémie
entre 0,5 et 0,8 g/l imposait une inaptitude de deux heures.
Un taux supérieur, une inaptitude jusqu'à
fin de poste. La fiche de résultat était déposée
dans une boîte dont seul le médecin détenait
la clef.
Le médecin incitait ensuite l'intéressé
à une démarche thérapeutique volontaire.
S'il refusait les soins médicaux, acceptait-il la
visite d'un buveur rétabli ? Celui-ci l'emmènerait
aux réunions de son association, comme Alcool-Assistance,
Alcooliques Anonymes, Vie libre, Croix-bleue, etc.
d,
Cas dune intoxication restant à dépister
Le médecin du travail
assiste la commission de santé pour négocier
et publier des mesures collectives. La plupart de celles énoncées
plus haut ont été imaginées et mises
en oeuvre par G. Simon et publiées par lui avec Besançon
(2002).
Le dépistage par le
questionnaire AUDIT
est bien accepté et efficace, révélant
environ 9% de buveurs abusifs (INPES)
Les détections dalcool,
de drogues et autres toxiques sont autorisées chez
les personnels occupant des postes de haute sécurité,
postes dont la liste doit être publiée au règlement
intérieur.
|